03 décembre 2006
Deux objectifs Contax et un boîtier Canon...
Le nom Carl Zeiss est incontestablement un des plus prestigieux de l’univers photo. Fondé en 1846 dans la ville allemande Jena, cette société employait les plus grands noms de l’optique de précision et a toujours su surnager dans le maelstrom de l’histoire. On doit à Carl Zeiss des réalisations optiques de pointe–les Planar, Sonnar, Tessar, Hologon et Distagon, appellations qui évoquent une excellente qualité optique. Le fameux constructeur a malheureusement toujours refusé de construire des objectifs pour des fabricants japonais – une erreur stratégique monumentale quand on pense à la marche triomphale de Nikon, Canon, Asahi etc. depuis les années soixante. Depuis, seul Leica a résisté à cette invasion commerciale et survit aujourd’hui grâce à une gamme d’appareils numériques bien étalée. Après la disparition de la marque Contarex, le fabricant allemand a entamé une coopération étroite avec Yashica/Kyocera et fournit une gamme d’optique très performante pour les Contax nés au Japon. Cette coopération et celle avec Hasselblad touche aujourd’hui à sa fin : Kyocera a déserté le marché photo et Hasselblad choisit Fuji comme fournisseur d’objectifs pour son nouveau système H. Il fallait donc trouver des nouveaux créneaux quelque peu élitistes pour rester présent sur le marché grand public, n’oublions pas que Zeiss ne tire que peu de bénéfices de ses activités photo. La nouvelle série ZF, composée d’objectifs à mise au point manuelle en monture Nikon AI, comprend six objectifs à focale fixe, de 25 à 100 mm. Zeiss a choisi une stratégie de marketing assez farfelue, déclarant haut et fort que ces objectifs seraient trop performants pour un appareil reflex numérique moderne et idéalement associé avec un appareil Nikon argentique…
Attention, images lourdes, une connection rapide est à privilégier !
18 août 2006
Early bird catches the worm
On pourrait traduire ce dicton anglais comme suit : le monde appartient à celui qui se lève tôt. Arriver avant tout le monde offre des perspectives intéressantes pour la photographie, surtout en cette période de vacances caractérisée par une forte chaleur et des lumières blafardes, blanches et peu adaptées à des photos exceptionnelles. On voit souvent encore des photographes sortir leur appareil lorsqu’ils sont sous un soleil zénithal qui crée un contraste impitoyable entre une lumière cruelle et des ombres profondes, souvent rendues froides par la réflexion du ciel. Mal leur en prend et les photos résultantes ne reflètent que rarement la beauté d’un paysage et la majesté d’une œuvre architecturale.

Belle-île, Canon D60 avec EF 4/17-40 L USM, 7 heures 19
Le photographe à la recherche d’une image plus intéressante n’a souvent que les quelques heures qui précèdent le coucher de soleil pour exercer son art dans de bonnes conditions. Mais bien souvent il n’a qu’une envie : de se reposer sur la terrasse de l’hôtel, un cocktail dans la main et dans l’attente d’un énième coucher de soleil, immortalisé par de nombreux appareils et accompagné par les exclamations admirateurs des autres gens présents.
27 mai 2006
Mens sana in corpore sano - le test du Nikon D200

Héloise, Nikon D200, AF-DX 2.8/17-55
Dures, dures, ces dernières années pour les photographes « nikonistes ». Il leur a fallu des nerfs d’acier, une discipline prussienne et une fidélité sans faille pour ne pas abandonner leur marque chouchou en basculant dans le camp de l’ennemi : Canon. Précurseur de la photo numérique puisque le Nikon D1 était le premier « vrai » appareil reflex numérique et non pas un appareil à film ayant subi la greffe d’un capteur comme c'était le cas des DCS et E quelque chose, la marque se fait depuis talonner, voir dépasser par son éternel rival. Le Nikon D100, premier appareil reflex numérique Nikon « accessible », apparut en 2002 et poursuivit sa carrière jusqu’à l’arrivée du D200, nouvelle offre excitante pour les semi-professionnels et amateurs avertis. Certes, trois ans représentent une petite éternité dans l’univers numérique et le D100 était déjà largement dépassé, ses ventes cannibalisées par les D70 et D70s. Le D200 tombe donc à pic et arbore un nouveau capteur CCD 10 Mpix., fabriqué par Sony.

Il est d’ailleurs curieux que Nikon réserve ses capteurs CMOS, développés et produits par la société, à ses seuls appareils professionnels, D2X et D2Hs – il est évident que les capteurs CMOS bénéficient de certains avantages (niveau de bruit, consommation d’énergie) bien décisifs….
Ce nouveau capteur, qui équipera également les modèles haut de gamme chez Pentax et Sony, dispose donc de 10,92 mégapixel (10,2 Mpix. effectifs) sur 15.8 x23, 6 mm (taille APS-C). Avec son facteur de conversion de 1.5 x il reste donc dans la norme des appareils Nikon et nécessite des objectifs spécifiques (DX-Nikkor) pour pouvoir aborder le très grand angle.
09 avril 2005
Deuxième partie de mon test des convertisseurs RAW-Le bruit et son traitement
Celui-ci est d’autant plus important que la sensibilité augmente. Un capteur possède une seule et unique sensibilité et toute augmentation de sensibilité désavantage le rapport signal/bruit. Le bruit augmente et génère un semblant de « grain » qui peut garder un aspect agréable (on se souvient du grain d’une Tri-X, important, mais bien dessiné..) ou devenir visuellement gênant. Cela dépend de l’importance du bruit et de sa nature. Le bruit « monochromatique « (luminance) est beaucoup moins perturbant puisqu’il ressemble au grain d’une pellicule noir et blanc. Sa diminution entraîne une perte de « piqué » ! Le bruit coloré perturbe davantage et se « nettoie » beaucoup moins bien. Généralement un appareil photo numérique produit un mélange des deux, le but d’un bon traitement de bruit est d’atténuer le bruit de chrominance en homogénéisant le bruit des trois couches, habituellement le plus fort pour la couche bleue et le plus faible pour la couche verte. Sur ce point on aperçoit de grandes différences parmi les logiciels de conversion et mon test tente de quantifier ces différences.
J’ai entrepris mes mesures du bruit à partir des prises de vue d’une charte Kodak Q-13, analysées ensuite à l’aide du logiciel « Imatest »et sa fonction « Stepchart » qui permet de quantifier le nombre de pixels à la dérive par rapport aux fonds uniformes des patches gris. Il ne suffit pas seulement d’obtenir de bonnes notes pour le pourcentage de pixels altérés, mais de disposer d’une bonne homogénéité des résultats afin de produire un grain le plus uniforme possible. Les photographes le savent : Le bruit n’est, comme le grain d’une pellicule, pas gênant, lorsqu’il forme une texture uniforme pour se dissimuler dans l‘image. Un niveau de bruit légèrement supérieur ne signifie donc pas « la fin du monde » si le fabricant parvient à « linéariser » les courbes des trois couches RVB et de la couche luminosité (Y).
Cette discipline n’est pas maîtrisée par tous les logiciels et certains parmi eux se remarquent par un ajustement quasi parfait entre les couches. Ces mesures ont été prises avec tous les outils de réduction de bruit remis à zéro. Sachons qu’il existe quelques logiciels qui tâchent à réduire le niveau de bruit en interne et ceci avec toutes les fonctions de suppression de bruit désactivées. Nikon Capture, Capture One, Adobe Camera Raw et RSE en font partie. Il est donc impossible de décommander cette option, mais qui voudra, vu les résultats de cette politique d’éditeur…. Découvrez les résultats en détail ici





