21 mars 2006
MIPS 2006

Heureusement les salons photo ne se limitent pas aux messieurs
d'un certain age, vêtus d'une veste reporter, équipé d'un ensemble reflex et
zoom télé grand ouverture et principalement intéressés à mater les filles
moitié dénudées et posant dans des décors cauchemardesques ..
Après
quelques heures passées au salon « MIPS » (Multimedia Image Photo Show) qui se
déroulait (jusqu'au 20.03.06) à Paris, Porte de Versailles, voici mes premières
impressions. Laissez-moi commencer d'abord par la liste des absents : Leica,
Kodak, Konica Minolta, Agfa Photo, Hasselblad, Rollei. Cette liste est du à la
disparition des sociétés (Agfa Photo, KM), à une restructuration (Kodak),
des priorités qui font que les sociétés se concentrent sur des manifestations
importantes (Leica et Hasselblad attendront la Photokina) ou sur une
mort prochaine (Rollei). En tout cas, le moyen format ne va pas bien, seul
Piktus présente sa gamme de boîtiers Mamiya, Hasselblad est représenté par deux
importateurs qui exposent en conséquence quelques produits suédois par ci
et par là.
Le
Mamiya ZD était incontestablement un des stars de cette manifestation. Trois
boîtiers étaient à disposition des
visiteurs qui pouvaient ainsi découvrir les caractéristiques de l'appareil et
procéder à une première prise en main. Pour rappel, le ZD est un boîtier
numérique moyen format qui intègre un capteur Dalsa des dimensions 36x48 mm de
21,3 mégapixels. Le capteur est parfaitement adapté pour ce boîtier qui utilise
des objectifs du système Mamiya 645 AF et impose par sa taille un facteur de
conversion de focale d'environ 1,1X. Cet appareil brille par une maniabilité
exemplaire et par un poids de 1300g, plus léger que celui d'un EOS 1DS Mk2. L'ensemble
boîtier/objectif standard, livré au tarif de 9.990 E ht, est moins lourd que
l'équivalent de chez Canon, les formes arrondies facilitent
la manipulation de ce « Exacta 66
« numérique. Un produit réussi que j'ai hâte d'essayer..
Le
moyen format numérique Pentax se laissait toujours désirer, le « mock-up »
exposé lors de la PMA était cette fois-ci invisible. Puisqu'il s'agit d'un
boîtier basé sur un capteur de marque Kodak de seulement 18 mégapixels, on
pourrait craindre une fin semblable au boîtier 24x36 full frame de la marque,
annoncé, mais jamais livré.....
A
propos moyen format, trois nouveaux dos numériques Phase One étaient visibles
sur le stand de Prophot. Les P21 (18 Mpix), P30 (31 Mpix) et P45 (38 Mpix)
épaulaient les modèles P20 (qui sera à terme remplacé par le P21) et P25
(22Mpix). Les capteurs sont toujours fabriqués par Kodak, tous les nouveaux dos
disposent d'un codage de l'information sur 16 bits/couche et captent sur des
cartes Compact flash ou directement sur le disque dur d'un ordinateur (connecté
via un cable Firewire 400. Selon Phase One, les nouveaux dos livrent des
résultats plus doux pour l'accentuation ce qui laisse une marge de manœuvre plus
importante pour le posttraitement. Une nouvelle version du logiciel Capture
One, la mouture 3.8, est prévue pour le mois d'avril. Reste à savoir quel sera
le futur pour le leader des fabricants de dos numériques face aux alliances en
cours (Hasselblad-Imacon), Leaf-Mamiya etc.) lorsque l'utilisation de dos
non-propriétaires sera impossible sur certains appareil moyen format. Wait and
see ....Ah oui, j'avais oublié les dos Leaf, mais je n'avais pas le temps
d'aller les voir !
Les
amateurs des reflex numériques étaient captivés par l'Olympus E330, les Canon
5D et 30 D et le Nikon D200, le dernier commence à être réellement disponible.
Le dernier modèle de Canon semble mieux se nommer EOS 20Dn, les différences
restent plutôt discrètes, un écran plus grand à part, seul un bouton Direct
Print (les Japonais restent de grands gamins), les styles d’image et un « relookage »
le différencient de l’ancien modèle. Dans ce créneau, Nikon peut finalement
dormir tranquille, sauf si Canon se réveille et nous sort un vrai «challenger » à la « ‘kina ». Sur le
stand Nikon, j’ai pu assister à une démonstration du nouveau logiciel phare,
Capture NX, à ce jour dans une phase bêta et prévu pour mai/juin. Roland
Serbielle de la Nikon School ne manquait pourtant pas de nous rendre l’attente
difficile : le produit est tout bonnement révolutionnaire et se positionnera
dans le haut du pavé, lorsqu’il sortira. La coopération avec Nik Multimedia a
finalement porté ses fruits et NX sera incontournable ! Côté logiciels, DxO
était présent, ainsi que Realviz, avec une version nouvelle, 5.1, de
Stitcher. Corel présentait le nouveau Paintshop Pro X, enfin je n'ai as vu de
visiteurs sur leur stand, celui d'Adobe était comme tojours bien visité. Colorvision,
un peu esseulé depuis la fusion de GMB (Gretag Macbeth) et Pantone, puis la
fusion en cours de GMB et X-Rite/Monaco, ne baisse pas les bras et propose une
solution spéctrophotomètre à 499 € ht, le Printfix Pro.
L'absence
des minilabs est assez inquiétante. On trouvait à la place des fabricants
de minilabs des préstataires pour la
fabrication de véritables livres photo pour la photo de mariage etc. et
l'omniprésence d'imprimantes jet d'encre sur les stands d'Epson, Canon et HP
donnent l'impression suivante : le tirage sur papier photo serait déjà moribond
?
Sinon,
les principaux magasins professionnels et importateurs étaient présents: MMF Pro, Prophot, Profoto,
Kelvin, Manfrotto et Broncolor avaient tous leur stand, une équipe de la
nouvelle entité "Captures 15" oeuvrait en T-shirts Apple
dans la semi-obscurité du studio de prise de vue Harcourt. Que du beau monde ! Les
flashs Balcar sont dorénavant distribués par
Piktus, ou ils faisaient une apparition plutôt timide
Depuis
quelques années déjà, ce salon était orienté vers les nouvelles technologies,
et donc, vers la photographie et l'impression numérique. Il n’était donc pas
étonnant qu’on n’y voie pas la moindre trace d’un produit photo argentique. La
page de la photographie argentique a été irrémédiablement tournée – plus tôt qu’imaginaient
les acteurs du monde de la photo…..




