15 mars 2006
Les optiques Zeiss ZF méritent que du film ? ? ?
Un drôle d'article sur le site de Carl Zeiss
Oberkochen : pour prouver la qualité exceptionnelle de leur
nouveaux cailloux Planar T* 1,4/50 ZF et T* 1.4/85 ZF la société
a utilisé un Nikon F6, un film Kodak Imagelink HQ et un
trépied très stable de marque Sachtler. Carl Zeiss
relève des pouvoirs de résolution exceptionnelles qui
écrasent tout ce qui existait jusque-là : 320 lp/mm
pour le 1.4/50 entre f/2.8 et f/5.6, la valeur toujours
exceptionnelle de 250 lp/mm entre f/2 et F/5.6 pour le 1.4/85.
Mais
les conclusions sont quelque peu farfelues : dans un newsletter
Kornelius Mueller de CZ explique : "The performance, across the
board, is quite impressive - far above the capabilities of digital
cameras and scanners. This begins to explain why we are so convinced
that photography still needs silver halide film. We are pleased that
the marketplace of serious photographers agrees with us." La
performance est très impressionnante et ceci sur toute la gamme- bien au-delà les capacités des appareils photo
numériques et scanners. C'est le début d'une
explication pour notre attachement à la photographie
argentique. Nous sommes ravis que les photographes sérieux
sont d'accord avec nous. Et plus loin : "When digital
catches up with film, you may be confident that your ZEISS lenses
will take you to the top of the class. Meanwhile, we wish you
"ZEISS-quality" photographic results - whether you're
shooting analog or digital. Quand le numérique
rattrapera le film, vous pouvez être confiant que les
optiques ZEISS vous procurent des résultats de haute gamme.
Entre-temps, nous vous souhaitons des résultats photo de
"qualité ZEISS"- si vous shootez en argentique ou
numérique...
Les dires de M. Mueller me laissent un goût amer dans la bouche. Il m'est donc nécessaire de les commenter via ces quelques lignes :
Carl Zeiss se trouve actuellement dans une situation délicate pour son secteur objectifs photo. Après la perte définitive d'une coopération importante (Kyocera et les gammes d'objectifs pour Contax 24x36, numérique et Contax 645), les chaînes de fabrication pour les objectifs de la gamme Hasselblad « V » ne tournent certainement pas à plein. La coopération récente avec Cosina ainsi que les gammes d'objectifs interchangeables ZF et ZS auront du mal à combler ce manque à gagner.
Prétendre que le numérique ne soit pas au niveau de l'argentique est fantaisiste. Depuis des années nous savons que le numérique a rattrapé voir dépassé l 'argentique. L'ancien dogme qu'il fallait 22 mégapixels pour concurrencer le 24x36 scanné s'est revélé faux – un bon capteur 6 Mpix. fait quasiment aussi bien que le 24x36, au-delà on commence à se frotter au format 4,5x6 ( 11 Mpix.), voir 4x5 inch ( 38 mégapixels). La réalité d'aujourd'hui est ainsi : le numérique a remplacé l'argentique dans la photographie professionnelle et grand public de tous les jours, seuls le noir et blanc ou la photographie artistique de haut niveau ( je pense notamment à Paolo Roversi et ses 20x25 magnifiques) aient encore recours au film.
Le numérique haut de gamme subit ses seules limitations au niveau des objectifs. Ceux-ci se révèlent souvent de qualité insuffisante pour tirer la quintessence d'un capteur 16 mégapixels ou plus. Michael Reichmann l'a constaté récemment : les objectifs Canon ne sont pas à la hauteur du capteur de l'appareil 1DS Mk 2; et même ses cailloux Carl Zeiss sur le Contax 645 limitent le potentiel de son dos Phase One P25 !
Au lieu de raconter des contre-vérités et cantonner l'utilisation et donc l'achat des objectifs ZF et ZS au seuls rentiers richissimes et profiteurs du CAC40 soucieux d'exprimer leur snobisme et leur sens de la frime avec un boîtier argentique, la société allemande doit adapter sa politique marketing pour atteindre les possesseurs des appareils Nikon D2X et D200, certainement ravis de pouvoir enfin exploiter tout le potentiel de leurs capteurs.
Donc, chers compatriotes, révisez cette politique suicidaire. Bien que vous avez réussi l'exploit de résultats d'activité exceptionnels pour l'année 2005, il ne faut pas non plus commettre des folies. Cette gamme optique arrive bien tard sur le marché, vous auriez du la lancer dans les années soixante-dix, succès fou garanti. Cependant, pour assurer un succès commercial, il vous faut une communication moderne, et non pas révisionniste, qui parle au photographes d'aujourd'hui, presque exclusivement équipés en numérique.
P.S : Si vous avez besoin d'un spécialiste photo quadrilingue (Allemand, français, anglais, mandarin), n'hésitez surtout pas à me contacter....
Commentaires
Eh ! C'est bien envoyé ça... Surtout "révisionniste", il fallait oser, mais il y a du vrai... C'est bien triste de voire une marque aussi prestigieuse en arriver à nier des évidences...
Sinon, je savais pas que tu parle mandarin, tu pourrais discuter avec ma copine qui est chinoise ! A bientôt...
Quelle synthèse très proche de la réalité
Cela ressemble au comportement des audiophiles et autres puristes qui préfèrent s'extasier sur la carafe plutôt que sur le nectar.
Je serais plus réservé quant à votre interprétation des conclusions de Kornelius Mueller.
Pour séparer 320 lignes par mm, il faut au moins 640 pixels par mm linéaire, soit en 24x36 mm:
640*24*640*36 = 354 Megapixels, ce qui est actuellement sans comparaison en numérique.
Par contre les conditions de prise de vue (film, destiné au microfilmage, trépied, éclairage, etc...) vue, ne correspondent pas à des conditions photos habituelles de prise de vue ou argentique et numériques sont dans le même domaine de comparaison.
D'accord avec vous..
sur l'interprétation des résultats. La résolution mesurée à été établie dans des conditions de test et certainement sur une mire à haut contraste. Il faut donc réduire ces résultats considérablement afin d'approcher des valeurs relevantes pour la "photographie en conditions réelles". Ce qui me froisse, ce n'est pas ces valeurs mais l'interprétation de ces mesures. Le numérique se trouve incontestablement au même niveau que l'argentique et même s'il sont incapables d'exploiter de telles performances (eh bien, idem pour l'argentique) les capteurs de grande résolution (> 16 mpix.) bénéficient grandement de la qualité des optiques, qui constituent finalement un des maillons faibles de la chaîne d'image ! Dédier de tels objectifs au seul argentique sera aujourd'hui une erreur, monumentale, de marketing. Il est de ce fait urgent de réviser la politique commerciale de Carl Zeiss !
Numérique à la ramasse...
C'est pas sérieux...
Allez faire un tour sur le site d'Erwin Putt, et vous verrez des comparaisons scann de négas /images numériques...
Que ça vous plaise ou non :
- la résolution de capteurs actuels est encore à la ramasse par rapport aux meilleurs films 24x36
- Et de ce fait, les capteurs des boitiers numériques reflex (D200 et consorts) sont incapables d'exploiter au mieux les qualités des optique haut de gamme actuelles (leica apo, par ex, ou certaines Zeiss ZI...).
Déclarer : "le numérique se trouve incontestablement au même niveau que l'argentique" est une affirmation gratuite et fausse, les chiffres le prouvent. Et même s'il faut des conditions idéales en labo pour profiter pleinement d'une résolution de 320 l/mm, entre les 350 megapixels théoriques et les 20megapixels max environs actuels (je ne parle pas de dos numériques pour chambre, je parle de boitiers réflex), il y a une sacrée marge qui fait une sacrée différence...
Quant à la comparaison des audiophiles et autres puristes, ceux-ci en général, se donnent les moyens de distinguer les détails qu'ils entendent, grace à un matériel à la hauteur. C'est clair que pour l'amateur moyen utilisant un réflex numérique dans la bonne moyenne actuelle, avec le zoom classique qui va avec ce genre d'utilisateur (zoom ""apo"" Sigma...), et qui se fait ses "tirages" sur son imprimante domestique, il ne sert à rien d'avoir des obtiques haut de gamme, qu'il ne pourra/saura, de toute façon, exploiter. D'ou le même type de raisonnement qu'avec les audiophiles : JE N'ENTENDS PAS LA DIFFERENCE, DONC ELLE N'EXISTE PAS. C'est vrai que ce raisonnement est plus reposant...
Bien que cela vous déplaise...
..cela fait déjà quelques années que le numérique se trouve au même niveau que l'argentique, voire le dépasse ! Et bien que vous essayez de le prouver avec des chiffres, le seul juge de paix invariable sont les photos car les chiffres théoriques, relevées dans le labo, ne veulent rien dire. Vous savez aussi bien que moi que les chiffres de résolution en paires de lignes par mm sont basées sur un taux de contraste ailleurs introuvable dans la pratique photographique et ce qui nous intéresse c'est l'image reproduite au bout de la chaîne - et là, le numérique possède des atouts indéniables ! L'argentique peut rester supérieur au numérique, nous sommes de moins en moins nombreux pour en attester, la quasi-totalité des photographes professionnels sont passés au numérique....
Si la majorité des pros sont passés au numérique, c'est parce que :
- C'est plus souple d'emploi, et plus facile à diffuser !
- Et surtout...C'EST MOINS CHER !!!!!!!!!!!!!!!!!
Faut pas réver...J'ai été pro, je sais ce que représente le budget achat films /frais labo. c'est ça, le gron intéret du numérique...Ca permet de mitrailler pour pas un rond...Au lieu de faire 1 photo, mais une bonne, on en fait une bonne au hasard parmi 50 pourries...D'ailleurs, la preuve que c'est ça qui a décidé la profession à passer au numérique, c'est qu'elle y est passé alors qu'on était encore très loin des résolutions actuelles des capteurs....Dans ce métier comme partout, les finances font la loi !!!
Mauvais argument !!
D'autre part, il y a un passage qui me choque dans vos commentaires : "Au lieu de raconter des contre-vérités et cantonner l'utilisation et donc l'achat des objectifs ZF et ZS au seuls rentiers richissimes et profiteurs du CAC40 soucieux d'exprimer leur snobisme et leur sens de la frime avec un boîtier argentique"...
Je ne trouve pas ce genre d'argument très futé. D'une part, parce qu'on peut très bien en rester à l'argentique, pour le plaisir de l'argentique, pour le plaisir de voir un tirage monter dans le révélateur...
Et d'autre part, parce que tous ceux qui continuent à faire de l'argenique ne le font pas obligatoirement avec un Leica MP à la carte... Faites l'addition d'un bon boitier numérique, de l'ordinateur qui va avec, et d'une bonne imprimante, et vous verrez qu'on dépasse largement le budget d'un argentique et d'un labo N&B... La frime, en 2006, ce n'est plus le Leica, c'est le numérique dernier cri m'as-tu vu !! (pour en sortir des tirages A4 sur l'imprimante maison). Le snobisme, c'est peut-etre là qu'il faut aller le chercher...
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