08 décembre 2005
Pas si mal, l'E-500 !
L’Olympus E-500, nouvel appareil reflex numérique d’entrée de gamme, remplace son aînée E-300 dont il hérite nombre de fonctionnalités. L’E-300, présenté en 2004, était accueilli tièdement par la presse spécialisée et le public à cause d’un « look » trop inhabituel et un niveau de bruit trop important aux hautes sensibilités.
Son successeur arrive donc dans un contexte particulièrement délicat puisqu’il il doit rétablir l’honneur de la gamme reflex d’Olympus. Le marché de l’appareil reflex numérique a atteint son paroxysme et nombreux sont les fabricants qui s’y engouffrent dans l’espoir de bénéficier des marges commerciales encore intactes de ce secteur porteur. Tout le monde sait que les téléphones portables mènent la vie dures aux appareils compact numériques et la concurrence des Chinois commence à se faire sentir : sur les compacts numériques il n y a plus rien à gagner…
L’E-500 se frottera aux représentants de quatre grandes marques spécialistes d’appareils reflex : Canon (EOS 350D), Nikon (D50), Konica Minolta (5D) et Pentax (*ist DL) sont déjà présents et promettent une sacré bagarre commerciale.
Et si on parlait d’abord du E – System ?
Pour mieux comprendre l’intérêt du nouveau venu, il va falloir procéder à un retour dans l’année 2003, année de naissance de L’E-System, paré pour rompre avec tout ce qui emportait dans ce beau monde de l’appareil reflex. Le système OM, fabuleuse gamme de produits autour quelques boîtiers (OM3, OM4Ti etc.) et objectifs miniaturisés, était en effet plus compétitif face aux concurrents qui possédaient les moyens pour passer leurs appareils à l’ère moderne. Autofocus et transmission électronique de données entre objectif et appareil étaient des caractéristiques introuvables chez Olympus. La marque a donc décidé de tout mettre à plat afin de bâtir un nouveau système optimisé pour le numérique. Il ne faut pas perdre de vue que toutes les gammes concurrentes sont encore basées sur des conceptions et des calculs optiques hérités de l’époque argentique. Olympus a pris le pari de concevoir une série d’appareils équipés de petits capteurs (encore plus petits que les capteurs de type APS-C) et d’une gamme d’objectifs basé sur une conception télécentrique et adaptées à la taille du capteur. L’E-1, premier appareil professionnel de cette série, arrivait à un moment où les autres proposaient des capteurs à six mégapixels pour les boîtiers semi professionnels et des capteurs jusqu’à 11 mégapixels pour les appareils professionnels. Le lancement était donc quelque peu raté, malgré les innovations apportées par le boîtier (traitement anti-ruissellement et nettoyage de poussières à ultrasons) et ses performances incontestés.
Le boîtier
La première prise en mains du boîtier s’avère (très) agréable. L’appareil est à 479 g avec accu et l’objectif zoom standard ne parvient pas à déséquilibrer l’ensemble. La poignée est plus épaisse et donc plus agréable pour des grandes mains que celle de l’EOS 350D, concurrent direct de l’appareil. Même si le faible pois du boîtier à été atteint via l’allègement des matériaux ( du plastique sur toute la ligne), ce choix ne perturbe pas le sentiment de solidité que transcende cet appareil, impression que légèrement ébranlé par les trappes des logements cartes et accu, très légères. L’appareil comporte un obturateur de 60 à 1/4000 s, un mode « B » jusqu’à 8 minutes ainsi qu’une vitesse synchro flash de 1/180 s. Le viseur de l’appareil, à pentaprisme, ne mérite pas les mauvaises critiques exprimés par d’autres testeurs ou formulés sur es forums photo. Bien sur, il n’est pas grand, au contraire, mais la luminosité se trouve à un niveau comparable à l’EOS 350D. Le grossissement 0,9x peut être amélioré par un accessoire proposé par la marque. Reste à préciser que la mise au point manuelle reste un voeux pieux ave ce type d’appareils – les viseurs étriqués n’offrent simplement pas la précision requise. L’E-500 propose des modes de mesure « expert » ( PSAM) ainsi que le mode « « tout auto » et des programmes résultat devenus denrée standard ( Nuit, Paysage etc.).
Les paliers d’exposition peuvent être sélectionnés entre 1/3, ½ ou 1EV. Une offre complète, parachevée par les modes de mesure : Digital DSP (Multizone), Spot (2%) et Highlight Spot ainsi que Shadow Spot, deux variantes de la mesure spot hérités des OM3 et 4.
Flash
Le flash intégré dispose d’un
petit nombre guide de 13 et permet ainsi de déboucher les ombres ou éclairer
des scènes très proches. Vous pouvez choisir un des flashs Olympus de la gamme
FL (FL-20, 36 ou 50) pour élargir son champ d’action. À noter que la marque
propose un mode Synchro FP qui permet d’utiliser toutes les vitesses
d’obturation jusqu’à la 1/400 s !
Fonctions numériques
L’E-500 propose deux types de cartes mémoire, la carte xD (Fuji et Olympus) et la carte Compactflash I et II ou Microdrive déjà plus courante. Très bonne idée donc de proposer deux supports différents, la carte xD étant (encore) peu répandue.
Parmi les formats d’enregistrement figurent le classique JPEG en trois compressions, le TIFF (plus aucun intérêt) et les format RAW et RAW+JPEG. Une preuve que Olympus ne néglige pas les photographes, les vrais.
Capteur
Le capteur du type CCD-FFT est fabriqué par Kodak, partenaire d’Olympus, et identique à celui de l’E-300. Il mesure 13x17, 3 mm et comporte 8 mégapixels effectifs. Il est épaulé par un processeur numérique « True Pic Turbo » et dispose d’une sensibilité native de 100 ISO, modifiable jusqu’à 1600 ISO en paliers d’1/3. L’Olympus E-500 intègre le fabuleux système de nettoyage à ultrasons ! Une très bonne initiative pour combattre le fléau probablement le plus important de la photographie numérique.
Connectique
Alors, pourquoi proposer encore en 2005 une connectique USB 2.0 qui mouline aussi lentement qu’une USB 1.1 ? Mystère….
Alimentation
L’E-500 partage l’excellent accu Li-Ion BLM -1 (1500 mAh), qui équipe également l’E-1 et l’E-300.
Ecran de visualisation
Sublime, ce moniteur LCD !
Avec une taille de 2,5 pouces et muni de 215.250 pixels, cet écran fait partie
des meilleurs parmi les appareils reflex. Il reste bien lisible même en
extérieur et propose en outre un affichage des pixels écrêtés (hautes et basses
lumières) ainsi qu’un histogramme éclaté en trois couches (R, V et B). Très
professionnel.
Les résultats
Colorimétrie irréprochable
Le peu de temps qu’il me restât à tester cet appareil je n’ai pas pu essayer toutes les paramétrages, fort nombreux de cet appareil remarquable. Sachez que vous pouvez le régler in fine pour ce qui est l’espace couleur (sRVB, Adobe RVB 1998), rendu couleur (naturel, saturé et saturation réduite), contraste, graduation, netteté et je m’en passe. J’ai fait des photos en mode RAW+JPEG HQ (compression ¼), Adobe RVB 1998 et couleur naturelle. Les résultats s’avèrent très concluants pour la restitution des couleurs, très naturelle, mais un peu saturée ( autour de 120% par rapport à la saturation de départ, mesuré avec Imatest Pro), normale pour un boîtier grand public, dont les images sont destinées à un tirage Minilab ou jet d’encre. Les images sont bien définies, reflet des huit mégapixels et d’un zoom transstandard d’excellente qualité. Cette optique est non seulement meilleure que son équivalent de chez Canon (le « bouchon avant de luxe », 18-55 : 2.3-5.6), mais aussi bien mieux finie ! Le capteur, plus petit que celui du Canon, dispose d’un niveau de bruit plus élevé et plus gênant (apparition de pixels colorés aux sensibilités au-delà de 400ISO) que son concurrent direct. Il fallait s’y attendre car le format 4/3 est simplement trop petit pour cohabiter avec un grand nombre de pixels. J’ai constaté également une dynamique plus étriquée, qui crée des zones surexposées sans détails et une cassure parfois nette dans les valeurs RVB entre 245 et 255. Mais soyons francs – ce produit ne vise pas les photographes professionnels et ne saura jamais remplacer un boîtier professionnel ! Et pour la photo amateur, même éclairée, les résultats sont plus qu’épatants ! Si vous êtes un photographe professionnel, je vous conseille L’E-1, vraiment pas ridicule (voir mon test ici) ou son successeur, apte à exploiter les fabuleux zooms à ouverture F2, mais attendu pour courant 2006. Allez, Olympus, un petit effort pour les photographes professionnels.
L’appareil ne dispose pas de
prise PC pour câble synchro. Pour brancher un flash de studio vous devez vous
procurer un petit adaptateur.
Verdict :
Les "Plus" :
- Boîtier compact et léger
- Très bon objectif de base
- Excellent écran, lumineux et lisible même dans des conditions difficiles
- Fonctionnalités presque professionnelles (RAW+Jpeg, mesure Spot, vitesse lente, paramétrages très fins…)
- Bonne alimentation
- Très bonnes couleurs, bonne définition
- Nettoyage des poussières
- Prix accessible
- Démarrage rapide, autofocus précis
Les "Moins" :
- Viseur étriqué
- Bruité au-delà de 400 ISO
- Cassures dans les hautes lumières
- Pas de USM
- pas de deuxième molette pour le réglage de l’ouverture en mode manuel
- Autofocus un peu lent
- Gamme d'optique limitée mais d'excellente qualité
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