06 septembre 2005
Un plaidoyer pour le format RAW
Inutile de
lire si vous photographiez toujours en format JPEG (…ou peut-être que si).
Le format RAW
est devenu la vedette de nombre de livres ou sites Internet. Pourtant, son
usage est loin d’être universel. Il fait, comme la gestion des couleurs partie
de ces concepts venus d’outre atlantique combattus férocement par une partie de
la profession et acceptés avec quelques années de retard.
Le format RAW
(ou plutôt les formats RAW puisqu’il en existe un bon paquet) représente
l’information brute recueillie par le capteur au moment de la prise de vue. Le
capteur est daltonien de pure souche et ne reçoit que des informations de
luminosité habituellement interprétées à l’aide de la matrice Bayer, dotées de
filtres couleurs RVB. Il est évident que ce fichier brut nécessite un
traitement sophistiqué pour obtenir une image présentable. Et là vous avez deux
options :
Faire
confiance au processeur DSP de votre appareil photo qui transforme le fichier
brut en format JPEG ou TIFF (plus rare) en appliquant au passage tous les
paramètres que vous avez sélectionnés au préalable (balance des blancs,
saturation, courbe de tons, espace de couleur, netteté etc.). Parfait, vous
voilà enfin en possession (essayer de palper un fichier, c‘est difficile) d’un
fichier prêt à l’emploi. Le bonheur ? Oui, si vous avez parfaitement
contrôlé votre prise de vue, fait la balance de blancs aux petits oignons et
exposé votre fichier avec une précision irréprochable. Moi, je n’ai jamais su
frôler la perfection en shootant du JPEG. Et ceci, malgré l’emploi des
techniques traditionnelles (posemètre et thermocolorimètre), utilisées pour
vaincre mes angoisses face à une technologie nouvelle. L’emploi du JPEG
implique de savoir ce que vous allez faire de votre image. Impression Offset,
publication Internet, tirage photo en Minilab, chaque utilisation nécessite des
paramètres de développement bien spécifiques et vous ne pouvez pas savoir
d’avance si telle et telle photo ne sera pas utilisée dans un cadre différent
de celui envisagé au départ. Mais au-delà des contraintes pour le choix des
paramètres, savez-vous que le fichier JPEG ou TIFF n’est qu’une interprétation
allégée, amputée de votre fichier capturé ? Vous avez pris soin de bien
caser les 4096 nuances par couche (12 bits = la profondeur habituelle d’un
appareil reflex numérique) pour vous retrouver qu’avec 256 niveaux (8 bits =
fichier JPEG ou TFF produit par votre APN) à l’arrivée ? Eh bien, c’est
bien bête de ne pas pouvoir choisir ce qu’on jette au passage…
Si vous faites
comme moi partie des photographes étourdis, absorbés par leur sujet et/ou
simplement perfectionnistes, vous avez déjà compris ou allez comprendre
l’intérêt du format RAW : une incroyable souplesse ! Voilà enfin
votre ordinateur transformé en laboratoire numérique, « en chambre
claire ». Car maintenant vous pouvez employer un logiciel de conversion et
toute la puissance de votre machine au profit d’un résultat en progression de
qualité. Ne croyez pas aux "foromanes" toujours prêts à diffuser sur
l’Internet des fausses idées fondées sur des connaissances incomplètes ou des
mythes de nature tenaces.
Pourquoi le format RAW ??
Une question
que se posent toujours nombre de photographes. La réponse rapide : Parce que c‘est si bon !!
La
manipulation et la retouche à partir d’un fichier codé en 16 bits par couche
sont infiniment moins destructives. Même si vous perdez un nombre important de
niveaux lors de la retouche, ils vous en restent de toute façon bien plus que
lorsque vous modifiez un fichier comportant que 256 niveaux. Le dernier se
trouve mutilé, même après un « petit traitement de choc » de deux ou
trois manipulations de base. L’histogramme en peigne en témoigne. Au lieu de
livrer votre image à l'automate intégré de l’appareil, vous travaillez avec un
logiciel de conversion dédié et optimisé pour extraire la meilleure qualité
possible.
"Encore un logiciel" vont exclamer
les utilisateurs déjà rebutés par l’apprentissage laborieux de Photoshop ! Pas
forcément puisqu’Adobe même s’est lancé à la séduction des photographes et loge
un plug-in performant et pratique dans ses versions CS et CS2.. Sachez qu’un
des avantages du format RAW réside dans les évolutions des algorithmes de
développement. Les mises à jour du micrologiciel interne de l‘appareil se
limitent habituellement à la durée de vie de votre matériel, de plus en plus
restreinte. Les logiciels de conversion, par contre, évoluent au rythme des
développements technologiques de tout un secteur. Un fichier RAW, shooté il y a
quelques années bénéficie parfois d’une amélioration spectaculaire, une fois
traité dans un logiciel moderne. Aujourd’hui votre flux de travail ressemble
plus à une balade tortueuse entre les menus du logiciel. Choix des paramètres,
gestion des couleurs, traitement par lots, les logiciels sont de plus en plus
adaptés aux besoins des photographes. Si vous travaillez toujours en format
JPEG, osez le changement. Il n’est jamais trop tard.
À suivre…
Commentaires
Tout à fait d'accord
Je suis en parfaitement d'accord sur les arguments développés ici sur l'intérêt du format RAW. Pour prouver que le processeur DSP est destructeur, il suffit de prendre avec les mêmes réglages (Ouverture-vitesse) le même paysage au même moment, l'un en format JPEG étendu et l'autre en format RAW. Avant même toute optimisation logicielle du format RAW, la différence saute aux yeux, le shoot RAW est beucoup plus riche en nuances soit couleurs soit nuances de gris, les différents post traitements n'ayant pratiquement pas d'influence sur la continuité des tons (pas d'effets peigne). J'adopte systèmatiquement ce format surtout depuis que je dispose de carte mémoire haute capacité (2 GO soit 160 clichés sur un 1D Mark II)et j'obtiens un rendu final trés appréciable au niveau des couleurs ou des nuances de gris.
déstressant !
Du fait de pouvoir corriger en postproduction l'esposition et la température de couleurs entre autres, la prise de vues est nettement simplifiée et
on est nettement moins omnubilé par la technique. Photoshop CS2 apporte un vria plus pour traiter des grandes quantités de photos en RAW. Faut essayer !
c'est vrai que c'est fantastique !
au début je ne voulais même pas y penser !
cela prenait trop de place sur la carte mémoire et puis c'était encore un truc en plus à faire pour sortir ses photos !
en définitive j'ai essayé et je ne compte pas m'arréter ! un vrai bonheur et tout le plaisir du développement en laboratoire.
Mais c'est vrai que cela me prend plus de temps ! mais bon la photo c'est un loisir et un plaisir ... alors du temps on en a !
Merci
Merci pour vos explications
très instructives et vos commentaires sur le RAW.
Je n'ai jamais utilisé ce format car je
ne comprends pas trop l'intérêt et en
plus je n'ai pas de logiciel qui fait
les retouches.
Pouvez vous me dire s'il y a des logiciels
gratuits pour cà ?
Merci pour c'est infos
Je m'interresse a la photo pour faire du matte painting et je me demande si le format raw vaut vraiment le cout, plustot que le jpg sachant que je vais retoucher à fond dans photoshop...
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